Elle arrive enfin au Lycée Marie Colbert. Il y a plusieurs bâtiments : deux de cours, un administratif et le self. Mais, ce qu'Angie préfère ici, c'est au fond de l'immense cour. Près des bâtiments, il n'y a que du béton et quelques bancs. Puis, quelques plantes, presque posées au hasard. Et enfin, le saule pleureur. Un des rares endroits où Angie se sent bien. A l'heure de Midi, elle viens là, prend son MP3 et s'allonge sous le saule. L'été, le soleil baigne son visage d'une douce lumière. Parfois, elle s'endort, mais personne ne la dérange et, quand la sonnerie retentit, ça l'a réveille. Mais aujourd'hui, quand elle se dirige vers l'arbre, pendant la pause de Midi, il y a quelqu'un. Elle s'approche, essayant de paraitre aussi indifférente que d'habitude, parce qu'à ce moment précis, elle ne sait pas ce qu'elle ressent. Arrivée au pied de l'arbre, elle regarde l'adolescent qui lui fait face. Il lève la tête, prenant conscience d'être regardé, et sourit à Angie. Elle ne comprend pas... Elle ne veut pas paraitre désagréable, alors, elle essaye de sourire. Mais, ça fait tellement longtemps qu'Angie ne sourit plus, que ce n'est qu'une grimace, plutôt comique, qui apparait sur son visage. Il rit, elle le regarde, étonnée. Puis elle se met à rire. D'un rire sincère, un rire qui vint du c½ur.